Bastien Gallet

------------------------------------------------------------------- Conférence samedi 17 novembre à 16 heures
à Montévidéo - 3, impasse Montévidéo 13006 Marseille
réservation : 04 91 62 46 30 ou 04 91 04 69 59 -------------------------------------------------------------------

Musique et kinesthésie
“L’art des mouvements impossibles dans les musiques électroniques”

« Les musiques électroniques sont des arts du mouvement ou arts kinesthésiques. Je veux dire par là qu’elles donnent moins à entendre qu’à faire et que ce qu’elles donnent à faire aux corps qui les écoutent sont des mouvements idéels. Ces mouvement sont idéels parce qu’ils sont sonores et que la motricité élémentaire qu’ils produisent n’est pas immédiatement corporelle (et par conséquent pas toujours possible à incarner). Ce sont pourtant ces mouvements que des foules d’auditeurs ont tenté d’incarner en inventant autant de danses qu’il y eut de kinesthèses musicales. Hip-hop, techno, house, acid, jungle, breakcore, mais aussi jazz, rock, funk, etc., sont les noms de ces arts du mouvement qui ont contribué à élargir le champ de ce que l’on continue d’appeler musique”.

Bastien Gallet, philosophe, est éditeur et co-fondateur des éditions Musica Falsa, après avoir été producteur à France Culture, rédacteur en chef de la revue du même nom et directeur du festival Archipel (Genève). Il a publié des romans, ainsi que deux ouvrages sur la musique (Le Boucher du prince Wen-houei, Enquêtes sur les musiques électroniques, Composer des étendues : l’art de l’installation sonore). Sa réflexion cherche à articuler philosophie, art sonore et littérature.

www.musicafalsa.com

------------------------------------------------------------------- Table ronde samedi 17 novembre à 18 heures
à Montévidéo - 3, impasse Montévidéo 13006 Marseille -------------------------------------------------------------------

LOUD !
L’amplification sonore comme strategie artistique
Avec : David Sanson et Bastien Gallet

Comment les artistes construisent-ils du sens à travers le son ? Pourquoi continuons-nous à donner un rôle sensoriel prédominant à l’image ? Le son reste souvent en second plan dans l’analyse critique de la culture audiovisuelle. Il reste tout un langage à inventer pour rendre compte des possibilités d’une audition active. De façon surprenante, beaucoup a été dit sur la saturation des images médiatiques mais très peu d’observations se sont portées vers la saturation sonore. Du moment où le silence est devenu impossible dans les sociétés urbaines contemporaines, le spectre des tonalités sonores peut devenir inaudible. Ce débat cherchera à analyser comment l’amplification du volume affecte l’usage, le signifié et l’appréciation du son. Si l’amplification sonore est un des signes le plus marquants de l’incommunication, il a aussi été utilisé par la contre-culture musicale.

 

 

Ces dernières années, nous avons assisté à de nombreuses initiatives cherchant à intégrer le son dans le champ des arts plastiques. Sound art ou installation sonore, le son est devenu matériau à sculpter, à peindre, à installer. Il s’agit parfois d’engager différents modes d’interaction entre l’image et le son, envisagés comme matériaux plastiques, ou, symétriquement, entre musique et arts visuels. Les musiciens ont fait du laptop un instrument de musique au moment même où les compositeurs en faisaient un outil de synthèse, d’écriture et de spatialisation des sons. Passages et imprégnations réciproques, croisements et tentatives d’échanges, collaborations et hybridations subvertissent la clarté des catégories traditionnelles.

Les RIAM ont choisi cette année de mettre l’image en mode pause, pour consacrer leur programme à l’art sonore. Des labels défricheurs ont une place de choix dans la programmation, à l’exemple d’ Optical Sound, qui fête ses dix ans avec une soirée de concerts au Musée d’Art Contemporain, ou en parallèle, Davide Balula, artiste et responsable du label Active Suspension, qui exposera une nouvelle installation à la galerie SMP. Si son travail évoque le son sans le produire, nous invitons, dans le sens inverse, le plasticien Rainier Lericolais à passer de la galerie à la salle de concert.

Des nouvelles modalités de production et diffusion se sont ouvertes à la musique avec le réseau internet, à travers le flux en temps réel (le streaming), qui sera l’objet d’un workshop et d’un live avec laboîteblanche et Carl. Y, responsables du festival NOMUSIC. C’est aussi le cas des netradios qui seront au centre d’une table ronde organisée avec le ZINC/ECM, mettant en dialogue les responsables de radiowne.org (Thomas Lucas) ou silenceradio.org (Etienne Noiseau) et des radios hertziennes comme Grenouille qui développent leur dimension interactive. Le philosophe Bastien Gallet tissera un fil rouge entre l’hétérogénéité des pratiques musicales, réfléchissant à la façon dont les auditeurs de musique électronique ont inventé des mouvements de danse pour des musiques qui n’étaient pas forcément corporelles.

Plus qu’une accumulation d’événements, les RIAM s’attachent aux échanges produits par les artistes et cherchent en parallèle à rendre sensibles leurs connexions et affinités artistiques pour tisser entre eux un réseau de réflexion sans pour autant le figer dans une thématique univoque.