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RIAM 06
Editorial

Après les dernières éditions consacrées à la création sonore et au flux, cette année les RIAM accordent une place importante à l’image, prenant acte du bouleversement opéré dans le rapport entre cinéma de fiction et installations vidéo, ainsi que de l’accès exponentiel aux banques d’images disponibles sur internet. Le processus de numérisation de tous les supports de l’image est en train de bouleverser la hiérarchie de notre mémoire collective. Cela se reflète aussi dans la mutation de la « cinéphilie » par le biais de champs comme les séries télé, le cinéma "expérimental" ou le documentaire.

Face à cette rupture, nous invitons l’artiste Martin Arnold à exposer son travail de sampling et re-montage de films, en parallèle d’une conférence de Pascale Cassagnau sur ce qu’elle désigne par « troisième cinéma », un no man’s land entre art contemporain, cinéma et nouveaux médias. Il s’agira pour cette édition des RIAM d’explorer les possibilités ouvertes par les technologies numériques dans la remise en question des dispositifs de production, diffusion et circulation des images. Certains projets, dont TVestroy ou NotTheSameColor , mettent en acte ces possibilités nouvelles à travers des performances qui réinventent les rapports entre le son et l’image.

Comprendre le présent pour mieux s’approprier le futur : cela semble être la proposition de Nicolas Moulin, qui travaille à dégager la notion d’ « utopie spatiale » de ses projections chimériques pour récupérer son potentiel à agir sur le réel par le biais de la fiction.

Dans le champ de l’art, ce travail assume parfois une dimension collective. De nombreux groupes d’artistes se sont constitués avec des objectifs distincts : dissolution de l’autorité “souveraine” de l’auteur au profit de la création collective, stratégie politique de guérilla artistique, invention d’une entité fictive ou refus de la séparation du travail artistique/technique. Le projet de la Société Réaliste s’inscrit ainsi nettement dans le contexte socio-économique dans lequel il expose.

Le dernier périmètre de programmation de cette édition des RIAM renoue avec notre réflexion sur l’internet, envisagé autant comme plateforme de discussion et construction de nouveaux modèles d’échange artistique et théorique, que comme médium de création à part entière (dans le cas du net-art). Pour cela, les RIAM cherchent encore une fois à concilier la décentralisation radicale du web avec la présentation de projets dans un lieu spécifique.