Erik Bullot

« Glossolalie »
Film, document.

Ce projet a reçu l’aide à la Maquette du DICREAM et à été présenté lors des RIAM 02.

 

Au début de l’Homme à la caméra (1929), Dziga Vertov montre l’ouverture d’une salle de cinéma et l’arrivée des spectateurs. Cette œuvre qui procède à la deconstruction du fait filmique repose sur la présence d’un tiers. D’ailleurs, à plusieurs reprises, le cinéaste montre des spectateurs : le film est destiné au public, voire à la masse, sa force dialectique tient à la présence du spectateur. Aujourd’hui, ce dernier est absent. Il manque à sa place, il fait défaut. La raréfaction du public est réelle. Puisque le spectateur est absent, Érik Bullot choisit de s’adresser directement à lui par une lettre filmée. « Mes films » écrit-il, « relèvent de la correspondance privée. » Il s’agit d’inventer un destinataire. Rencontrer l’autre suppose toutefois de trouver un langage commun, un système de signes. Pour qu’il y ait adresse, un véhicule commun doit être trouvé. C’est à cette condition qu’un échange peut avoir lieu. La question de la langue véhiculaire est le motif du film. Comment s’adresser à l’autre ? On peut apprendre une langue étrangère, déchiffrer des codes ou s’initier aux langages secrets (la cryptographie). On peut décider d’apprendre une langue universelle (l’espéranto) ou de retrouver une langue perdue (l’hébreu). On peut aussi pratiquer la langue des signes, improviser une langue poétique (le “ zaoum ”, des futuristes russes à dada) ou parler une langue étrangère sans l’avoir jamais apprise (xénoglossie) ou une langue imaginaire (glossolalie). Érik Bullot traque les langues imaginaires. En 1917, l’écrivain russe André Biely publie Glossolalie, un essai de poésie critique sur l’origine du langage, la manière dont les mots naissent dans la bouche, la conformité du son et du sens. La glossolalie désigne le don de parler une langue “ imaginaire ”, inspirée de Dieu, à l’image des Pentecôtistes. Cette pratique existe-t-elle toujours ?

Parallèlement à une carrière de cinéaste, d’écrivain et de photographe, Érik Bullot a enseigné dans des écoles d’art (au Fresnoy, à Marseille, à Avignon et actuellement à Bourges), collabore à plusieurs revues (Trafic, Cinéma) et participe activement à l’association pointligneplan. En tant que cinéaste, Érik Bullot a réalisé de nombreux films à mi-chemin entre le cinéma d’auteur et le film d’artiste. Il mène une réflexion sur le cinéma mais ses préoccupations rejoignent aussi les arts plastiques : le dispositif et la mise en scène, l’équilibre fictionnel entre le récit et le tableau, la confrontation entre la forme documentaire et l’essai filmé. Une rétrospective de ses films a eu lieu au Jeu de Paume à Paris et, plus récemment, à la Enana Marrón à Madrid et lors de la Biennale de l’image en mouvement en Genève. Une monographie, accompagnée d’un DVD, lui a été consacrée aux éditions Léo Scheer avec un texte de Jacques Aumont.

 

Ce DVD comprend quatre films : GLOSSOLALIE, vidéo, 26 min, 2005. LE CALCUL DU SUJET, 16 mm couleur, 10 min, 2000. OH OH OH !, 16 mm couleur, 15 min, 2002. LA BELLE ÉTOILE, 16 mm couleur, 14 min, 2004.

Il est accompagné d’un livret de 24 pages comprenant un texte d’Émeric de Lastens, Lier le geste à la parole, un entretien avec Érik Bullot, le script du film Glossolalie et des fiches techniques.

Durée : 65 minutes. Format : PAL. Zone 2. Langue française.

Un DVD édité par Capricci, la revue Vertigo et Circuit court avec le soutien du DICREAM (CNC-DAP), Ministère de la culture et de la communication.
En vente sur simple demande auprès de l’association Circuit Court.