Cécile Babiole et Dominique Blais

« DOOM »
Installation sonore

Ce projet a reçu l’aide à la Maquette du DICREAM et à été présenté lors des RIAM 05.

“Doom” est une installation lumineuse et sonore qui prend la forme d’un sanctuaire composé d’une dizaine de reproductions de casques de motards, d’un polyèdre et de deux monolithes. L’ensemble des éléments est posé à même le sol. La scénographie évoque une célébration ou un rituel énigmatique en hommage à la culture death-metal née au début des année 70, revisitée à l’ère de l’électronique.

Les casques, sculptures coulées en faïence et émaillées en noir brillant, sont moulés à partir d’un véritable casque intégral. Ces sculptures évoquent par leur forme des têtes de mort. Des lampes sont dissimulés à l’intérieur pour constituer un dispositif d’éclairage interactif.

Les deux monolithes contiennent des hauts-parleurs, et le polyèdre, un caisson de basse. Ces trois volumes forment un système de diffusion sonore. Ils sont réalisés dans un matériau noir laqué. l’espace d’exposition, plongé dans l’obscurité, est repeint en noir mat pour permettre aux différents éléments de se détacher des murs et du sol.

La partie sonore est constituée d’une sélection musicale de morceaux appartenant à la catégorie death-metal, et plus particulièrement à sa filiation doom-metal, musique très lente et répétitive, dont l’appelation donne son titre au projet. Ces morceaux sont diffusés à un tempo ralenti : la vitesse est calculée d’après la proportion dorée (1,61803399) pour créer l’impression d’un temps distendu, presque en suspend.

L’intensité lumineuse émise depuis les casques est synchronisée avec le son, et génère une multitude d’ombres et d’éclats de lumières sur les volumes et l’environnement alentour.

Doom s’inscrit dans la tradition des vanités et de la peinture ésotérique dont l’installation reprend les références à la géometrie et aux mathématiques. Le polyèdre est issu de la célèbre gravure de Dürer “Melancolia”. La technique de fabrication des casques en céramique leur retire toute fonction de protection et les transforme en objets fragiles et mortifères. Le nombre d’or, utilisé depuis la plus haute antiquité pour déterminer des proportions spatiales harmonieuses, est ici déplacé dans le domaine temporel pour ralentir la cadence de la musique.

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