132881_10151129395913710_1251041130_oThomas Couderc et Teoman Gurgan – France
« Les Vacances d’Automne »

Une production Technè/ RIAM, présenté lors des RIAM 09 .

Il y a une filiation secrète entre certains artistes qui se lancent dans des aventures hors d’échelle. Une histoire parallèle de navigateurs à la conquête de piscines olympiques, d’explorateurs intrépides dans des parcs thématiques, de cowboys solitaires en Camargue. La galerie ou le musée se trouvent alors dans la position ridicule de n’être que les producteurs ou financeurs de leur désir d’aller voir ailleurs.

Depuis juin 2010, Thomas Couderc et Teoman Gurgan ont mis en place un projet commun intitulé « L’épopée », qui les inscrit dans cette lignée d’artistes romantiques devant le dérisoire. Il n’est pas anodin que cette aventure s’engage à deux car, dans l’amitié et la camaraderie, il y a une possibilité de s’aider à croire aux paris les plus fous, d’augmenter les possibilités de se projeter dans le grandiose et le démesuré. « Une façon de désobéir à ceux qui ne veulent pas croire que nous vivons dans une épopée. »

Pour ce projet, réagissant aux contraintes de Diagonales 61, Thomas Couderc et Teoman Gurgan ont préféré occuper la rue même, interférant de façon brutale dans le paysage urbain. Le choix a été assumé de déraciner un arbre dans la garrigue de Nîmes pour le déplacer en camion jusqu’à Marseille, l’engageant dans un long périple avant de stationner devant le lieu d’exposition pendant deux mois. S’agirait-il de confronter, certes violemment, la campagne au bitume? Est-ce que les artistes cherchent à combler une distance entre la ville et la nature, ou veulent-ils plutôt tuer un arbre? Il s’agit pour eux de le maintenir en vie, mais dans cette opération de déracinement il y a un rappel impétueux de notre nature nomade, si souvent confrontée à l’exil, à la réadaptation permanente, à la création de nouvelles racines. Plus simplement, il est aussi question de donner à voir le déploiement d’une énergie physique disproportionnée en regard de l’objectif absurde qu’ils se sont donnés. Une façon pour eux de revivre à chaque fois leur histoire comme un exploit, de « vivre en artiste » au sens le plus insolent, intense, romantique et ridicule.

Vous pouvez suivre la Performance « Les Vacances d’automne » sur : http://lesvancesdautomne.tumblr.com/