Diagonales 61

Vernissage lundi 20 octobre à 18h30

61, rue jean de Bernardy 13001 Marseille – www.techne-marseille.com/pages/diagonales61

Du 21 octobre au 29 novembre 2014 – visible 24/7

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Dominique-Blais

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DOMINIQUE BLAIS (fr) installation in-situ

« Sans titre ( Colonne sans fin) »

Techniques mixtes
Dimensions variables, 2014

Courtesy l’artiste et galerie Xippas, Paris

Une production Technè/RIAM

L’art moderne avait la hantise d’une trop grande proximité avec de simples objets décoratifs, mais cette tension a toujours été extrêmement productive. Certaines œuvres d’art dans l’espace public, par exemple, deviennent des signalétiques urbaines ou des lieux de rencontre et se chargent des multiples interprétations des passants : art abstrait, totem mystique ou enseigne d’une activité dont on ne connait pas les codes?

Dominique Blais réalise une intervention sur la façade de Diagonales 61 que nous invite à multiplier les possibilités de lecture contradictoires. Il s’approprie un poteau de barbier, ces enseignes lumineuses que l’on trouve principalement aux États-Unis, mais dont la symbolique remonte à l’Europe du Moyen-Âge, quand les barbiers faisaient aussi de petites chirurgies ou des arrachages de dents, enroulant à l’extérieur les bandages ensanglantés. Difficile d’être plus sadique dans la façon d’attirer les clients à la torture. L’artiste remplace les bandes en spirales bleues, blanches et rouges par du noir et blanc, introduisant une qualité plus sombre, trouble et inquiétante à l’objet publicitaire.

Un jeu s’établit avec la grille de Diagonales 61 en y rajoutant un trouble optique, car le poteau de barbier crée l’illusion que les bandes remontent de façon verticale dans un mouvement infini. Si la référence à l’op art et à l’art cinétique parait évidente, Dominique Blais remonte dans le temps et évoque dans le titre la Colonne sans fin (1918) de Brancusi, œuvre fondatrice de la sculpture moderne, ayant poussé l’abstraction à un stade jamais atteint auparavant. Source d’influence majeure pour l’art minimal, Brancusi la chargeait pourtant d’un mysticisme assez éloigné de la rationalité minimaliste. Il s’est inspiré des piliers funéraires de son village natal en Roumanie et l’associait au symbolisme de l’axis mundi (un axe qui soutient la voûte céleste et assure une liaison avec la terre).

L’art abstrait s’imprègne du langage visuel qui nous entoure, renvoyant à une pluralité de références puisées dans notre mémoire, qu’elles soient issues de la signalétique urbaine ou du design publicitaire. Et les formes de la culture populaire qui avaient inspiré Brancusi peuvent se trouver aujourd’hui dans une enseigne de barbier vue dans un film des frères Cohen.

Le travail de Dominique Blais fait l’objet d’expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger, et est présent dans de nombreuses collections publiques et privées. En 2013, il a obtenu le Celeste Prize – présidé par Ami Barak – à Rome, dans la catégorie Curator’s Choice avec son œuvre intitulée « Ring ».
Dominique Blais est représenté par la galerie Xippas​,​ Paris.

 

www.xippas.com

Photo@Mehdi Aouami